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QUE SONT-ILS DEVENUS ?

Philippe Rey, l’étoile filante

 

Certains hockeyeurs ont marqué leur époque, non seulement grâce à leur habilité technique, mais surtout à cause de leur grande rapidité de patinage. Dans cette catégorie on peut citer comme exemples bien connus le fulgurant capitaine des Tricolores André Peloffy mais aussi les attaquants parisiens Laurent Lecomte et Pierre-Yves Gerbeau ou encore les Savoyards Franck Ganis et Roger Favre. Leurs accélérations soudaines et imprévisibles sont restées dans toutes les mémoires car elles étaient très spectaculaires. Mais le nom qui vient toutefois en premier à l’esprit des spécialistes du hockey lorsqu’on évoque cette catégorie de joueurs véloces, c’est inévitablement celui de Philippe Rey.

Dans un article du quotidien L’Equipe, publié quelques mois avant la fin de sa carrière, les déplacements supersoniques du célèbre numéro 7 tricolore avaient visiblement impressionné le journaliste puisque ce dernier écrivit avec le sens de la formule : « Lorsque Philippe Rey évolue dans un match de hockey, son patinage est si rapide qu’on a l’impression parfois que la patinoire s’est soudainement réduite à la taille d’un glaçon... »

C’est vrai que ce hockeyeur originaire de Gap (né en 1954), laissa plus d’un de ses coéquipiers admiratifs avec sa manière de patiner « comme un avion ». L’ancien attaquant international Guy Galiay, qui a eu l’occasion de jouer à ses côtés dans la sélection tricolore, se souvient de sa grande agilité : « J’ai connu beaucoup de joueurs qui avaient une bonne vitesse de patinage. Mais Philippe Rey est un cas à part car il avait une facilité de glisse supplémentaire. Une sorte de coup de rein qui lui permettait d’aller encore plus vite que les autres. Franchement, c’était beau à voir ! Je pense que ça vient du bon positionnement de son corps et de ses bons appuis sur ses patins. Son centre de gravité était parfaitement axé. On aurait dit qu’il glissait sur des rails sans laisser beaucoup de traces et sans faire de bruit. Son style très fluide et coulé était exactement l’inverse, par exemple, de celui de Pascal Delmonaco, qui accrochait la glace en permanence et qui semblait courir sur la patinoire avec une dépense d’énergie dix fois plus grande. »

Prétendre que Philippe Rey est devenu une star du hockey français uniquement grâce à sa mobilité exceptionnelle sur la glace serait toutefois très injuste et beaucoup trop réducteur. Car cet attaquant polyvalent, que ses divers entraîneurs utilisèrent à différents postes selon leurs schémas tactiques, avait également une vision du jeu remarquable. Il était, de surcroît, un technicien de très haut niveau. Ses états de service en témoignent tout comme la grande réputation dont il a continué à jouir longtemps bien après la fin de sa carrière.

Son père, Urbain Rey, chauffeur routier puis employé à la ville de Gap, ne se doutait sûrement pas que l’un de ses neuf enfants allait se hisser un jour au devant de la scène sportive, tout comme d’ailleurs son épouse, Elisabeth, femme au foyer, qui avait l’esprit totalement accaparé par la gestion quotidienne de cette véritable tribu. Car Philippe Rey n’arrive qu’au sixième rang d’une famille très nombreuse qui comprenait six filles et trois garçons avec dans l’ordre : Danielle, Bernard, Anne-Marie, les jumelles Françoise et Jacky (cette dernière est décédée), Philippe, Michel, Annick et enfin Elisabeth.

On notera que l’un de ses frères, Michel Rey, fut également un bon joueur de hockey sur glace puisqu’il évolua dans l’équipe de Gap avant d’aller renforcer le club voisin de Briançon. La présence du jeune frangin chez les Diables Rouges occasionna d’ailleurs deux duels fratricides en championnat de France en 1976 lorsque Philippe Rey joua dans l’équipe de Chamonix.

Mais avant d’en arriver là, le jeune Philippe effectua ses débuts à Gap en 1962 alors que le club des Hautes-Alpes était dirigé par l’entraîneur canadien Camil Gélinas. Mais c’est surtout sous la houlette de l’ancien international Alain Bozon, qui fut un temps le coach du hockey mineur au pied du col Bayard, que Philippe Rey commença à engranger les victoires. Il remporta à deux reprises le titre de champion de France minimes avec Gap (1968 et 1969) puis deux autres titres nationaux cadets (1970 et 1971) et encore deux titres de champion de France juniors (1972 et 1973). L’année du deuxième succès des « Aigles » de Gap, le nom de Philippe Rey commença à être sur toutes les lèvres puisque la Fédération française des sports de glace décida de décerner au numéro 10 gapençais le trophée de meilleur junior français qui était l’équivalent du meilleur espoir aujourd’hui.

Le canadien Camil Gélinas estimant également que son jeune protégé avait un talent indéniable, il l’envoya effectuer un stage d’été au Québec dans l’école de Breboeuf près de Montréal. Etonné par la vélocité et l’adresse de ce jeune hockeyeur français, les dirigeants des « Remparts » de Québec décidèrent de l’incorporer dans leur équipe junior majeur, l’antichambre du circuit pro de la NHL. Mais Philippe Rey ne resta finalement que trois mois car sa demande de sursis pour le service militaire (obligatoire à l’époque) fut refusée ce qui l’obligea à retourner en France pour être affecté au Bataillon de Joinville qui regroupait les sportifs de haut niveau.

A partir de 1973, Philippe Rey entama sa carrière senior dans l’équipe première de Gap où il évoluera cependant que deux saisons seulement. Car entre-temps l’attaquant vedette de Gap avait encore accru sa notoriété en endossant le maillot tricolore numéro 7 lors des Championnats du monde du groupe C organisés en 1974 dans sa ville natale de Gap conjointement avec Grenoble et Lyon. « Je me souviens que lors de ce tournoi, Alain Bozon était le vétéran de l’équipe de France et moi, j’étais le plus jeune », confie Philippe.

Ses débuts internationaux en attaque, avec Patrick Francheterre et Antoine Préchac, puis avec Jean-Michel Boissonnier et Alain Vinard, seront fracassants. Lors des tests physiques sur glace organisés par le légendaire coach canadien Pete Laliberté chronomètre en main, Philippe Rey effectuait le tour complet de la patinoire, départ arrêté, dans un temps canon qui laissait tous ses coéquipiers loin derrière. Sa présence au sein de la sélection nationale devait durer pendant dix ans tout juste, soit jusqu’en 1983.

Fort de son nouveau statut d’international, Philippe Rey provoqua un émoi considérable à Gap en annonçant, au cours de l’été 1975, son départ pour Chamonix. «J’avais demandé un travail à la ville de Gap mais on m’a proposé uniquement un poste provisoire de trois mois, explique Philippe. Du coup, j’ai accepté la proposition plus avantageuse du président de Chamonix, Joseph Cochet, qui a payé mon transfert 50 000 francs (7622 euros), ce qui était une grosse somme à l’époque. Comme les clubs de hockey français étaient encore très conservateurs, et que les transferts n’étaient pas une chose courante, mon départ a fait beaucoup de bruit. »

Ceci est un extrait. Si vous voulez connaître la fin de son histoire, procurez-vous le livre « Les stars du hockey français Tome 2 » qui est en vente dans la boutique du site internet de la FFHG (hockeyfrance.com).