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Décès de Jean Tarenberque

Décès de Jean Tarenberque

C’est avec une grande tristesse que nous venons d’apprendre le décès de Jean Tarenberque à l’âge de 85 ans. Elu au temple de la renommée de la FFHG en 2011, cet ancien représentant de commerce en vins fut non seulement un grand témoin mais surtout un acteur majeur du hockey sur glace français.

Joueur au sein du club de l’ACBB de 1953 à 1965, Jean Tarenberque fut également le trésorier du club de Boulogne-Billancourt au début de sa création avant d’en devenir le président en 1965 prenant ainsi la succession de Philippe Potin lorsque ce dernier fut appelé à la tête de la FFSG.

Jean Tarenberque resta président de l’ACBB sans interruption jusqu’en 1992, puis il dirigea encore le club francilien lors de la saison 1996-1997, totalisant ainsi un mandat impressionnant de 28 ans. Entre-temps, Jean Tarenberque fut pendant dix ans le directeur de la patinoire du rond-point des Champs Elysées à Paris avant de rester pendant onze ans le directeur de la patinoire de Boulogne-Billancourt.

Parallèlement, Jean Tarenberque fut arbitre international de 1965 à 1981 avant d’occuper le poste de secrétaire de l’ancienne Ligue Nationale des Arbitres Français pendant dix ans, soit jusqu’à la dissolution de la LNAF en 2001.

Ajoutons que lors des Jeux Olympiques de 1968 à Grenoble, Jean Tarenberque fut l’un des superviseurs des matches de hockey sur glace dans le stade de glace. Il occupa enfin une dernière responsabilité au sein de la nouvelle FFHG en devenant, en 2008, le président de la Commission Régionale d’Arbitrage de l’Île de France.

Le Hockey Club de France présente ses plus sincères condoléances à Monique, sa femme, et à son fils, Eric.

 

QUE SONT ILS DEVENUS? Daniel MARIC

QUE SONT-ILS DEVENUS ? DANIEL MARIC

Si ses illustres prédécesseurs comme Bruno Ranzoni, André Jaccaz, Bernard Deschamps ou encore Jean-Claude Sozzi, furent également des « portiers » avec un sacré caractère, ces derniers sont restés toutefois dans une certaine normalité comportementale. Daniel Maric s’est en revanche beaucoup plus singularisé tout au long de sa carrière. Sans doute à cause de profondes fêlures, dues à une histoire familiale très complexe, qui l’obligèrent à se battre et qui lui ont façonné une image beaucoup plus décalée. En effet, il suffit de se rappeler l’impression que donnait ce jeune gardien Grenoblois à ses débuts avec ses cheveux longs, son allure d’adolescent rebelle et son visage renfermé, pour comprendre qu’il s’agissait d’un être visiblement tourmenté à la recherche d’un bonheur insaisissable pour qui  le hockey sur glace fut de toute évidence un exutoire salvateur.

L’histoire familiale singulière de ce sympathique joueur, dont les parents étaient d’origine yougoslave, a laissé des traces encore aujourd’hui puisque cet ancien gardien de but, qui s’est reconverti avec bonheur comme entraîneur, a toujours du mal à se livrer complètement lorsqu’on l’interroge sur son passé. Même s’il se sent en confiance, il répond aux questions avec une grande retenue en restant en permanence sur la défensive et ponctuant ses phrases par de longs silences. Est-ce dû à une timidité maladive ou à une grande réserve ? Toujours est- il qu’il demande régulièrement d’occulter certains passages de sa vie qui sont pourtant anodins. Comme il le reconnaît lui-même, Daniel Maric avoue être « un peu parano. » On l’aura compris, dans le cas de Daniel Maric, nous avons à faire à un homme à la sensibilité à fleur de peau qui voudrait qu’on ne retienne que les aspects positifs (nombreux) de sa brillante carrière sportive, d’autant qu’il est devenu un entraîneur de renom qui veut, selon ses propres dires « faire passer un message aux jeunes », ce qui est tout à son honneur.

Concernant son parcours, il n’y a pourtant pas de quoi fouetter un chat ! Daniel Maric, né en 1957 à Grenoble, commença à jouer pendant deux saisons comme attaquant avant que le légendaire entraîneur Pete Laliberté ne lui conseille de rester devant la cage pour devenir gardien de but puisque ce poste l’attirait beaucoup. Mais à la suite d’une mésentente familiale, le jeune Daniel, qui était encore junior première année, décida en 1974 d’aller jouer dans le club voisin de Villard-de-Lans. « De toute façon, à Grenoble mon avenir était bouché car il y avait encore Jean-Claude Sozzi, explique Daniel Maric. C’est pour cette raison que je suis monté sur le plateau du Vercors où j’étais venu en principe seconder Jean-René Catier. Mais comme celui-ci s’est blessé, j’ai fini la saison devant la cage et notre équipe a terminé deuxième du championnat de France. »

Le gardien titulaire des « Ours » du Vercors étant parti la saison suivante à Gap, Daniel Maric devint le portier inamovible de ce club de l’Isère pendant six ans. Ses belles prestations, qui sauvèrent ses coéquipiers de la déroute plus d’une fois, lui valurent d’être sélectionné pour la première fois dans l’équipe de France senior en 1977 à l’occasion des Championnats du monde du groupe C organisés à Copenhague. Dans ce tournoi, il tint uniquement le rôle de remplaçant de Bernard Deschamps qui allait prendre sa retraite internationale la saison suivante.

Fort de son nouveau statut de gardien international, Daniel Maric sentit qu’il tournait un peu en rond dans le petit village de Villard-de-Lans. Il décida donc de retourner jouer à Grenoble où il remporta deux fois de suite le titre de champion de France en 1981 et 1982. « Une fois que je suis parti, le club de Villard s’est renforcé et cette équipe a commencé à obtenir de meilleur résultats, dit-il. Je n’ai pas très bien compris le contexte de l’époque, mais bon, j’ai vécu de belles joies ensuite avec les Brûleurs de Loups et je n’ai pas regretté ma décision.»

Effectivement, en 1982, Daniel Maric fut élu en même temps meilleur gardien et meilleur joueur français, une double distinction jusque-là unique dans les annales du championnat de France et qui ne se reproduira que seize ans plus tard seulement avec le double sacre de Cristobal Huet en 1998 alors que ce dernier gardait également la cage du club de Grenoble ! Se découvrant une âme de pédagogue, Daniel Maric trouva également son bonheur en s’occupant rapidement des jeunes joueurs du Club des Sports de Glace de Grenoble dirigé par le regretté Serge Bocquet ce qui le conduira plus tard à se reconvertir comme entraîneur, notamment dans le club de Dijon.

Après avoir fait ses adieux internationaux, Daniel Maric décida d’aller jouer à Tours où il forma un nouveau duo de gardiens avec Jean-François Merchan. Mais son séjour dans la ville d’Indre-et-Loire ne durera qu’une seule saison. En effet, il laissa le goal parisien Jean-François Ribordy venir le remplacer chez les « Mammouths » pour lui permettre de tenter une nouvelle aventure à l’étranger. C’est un joueur de Tours, Raphaël Marciano, qui lui proposa d’aller rejoindre son frère qui vivait à ce moment-là à Vancouver sur la côte ouest du Canada. Arrivé sur place, au printemps 1990, Daniel Maric ne put saisir l’opportunité qu’il aurait souhaitée. Il passa toutefois les diplômes canadiens d’entraîneur de hockey et il assista à de nombreux matches des Canucks de Vancouver qui évoluaient dans la NHL. Devenu l’assistant de l’entraîneur d’une équipe universitaire locale, Daniel Maric vécut toutefois une aventure très positive lors de son séjour outre-atlantique puisqu’il rencontra sa compagne, une canadienne anglophone prénommée Corinne.

En 1991, le nouveau couple prit l’avion et vint s’installer à Villard-de-Lans où l’ancien gardien des Ours du Vercors devint cette fois l’entraîneur du club. Faisant preuve d’une grande lucidité et d’une modestie non feinte Daniel Maric raconte : « Je suis resté qu’une saison car j’étais nul ! Je ne connaissais pas encore mon métier. J’étais conscient que j’avais besoin de me perfectionner. C’est pour cette raison que dès l’année suivante je suis parti à Rouen. J’avais demandé à Larry Huras si je pouvais lui donner un coup de main comme entraîneur du hockey mineur, ce qu’il a accepté. Pour moi, ce fut un très bon apprentissage. »

L’ancien gardien international restera sept ans dans la ville de la Seine-Maritime. La première saison il fera la navette pour aller s’occuper également des joueurs du club du Havre avant de renoncer à ce long déplacement qui lui demandait une trop grande dépense d’énergie. D’autant que sa famille allait s’agrandir avec les naissances de ses deux garçons, Zachary et Jordan, qui suivirent l’exemple de leur célèbre père en devenant eux aussi des hockeyeurs en herbe. On notera que lors de la saison 1993-1994, Daniel Maric, qui fêtait ses trente-six ans, reprit momentanément du service pour être la doublure de Petri Ylönen lorsque Samuel Mainot souffrit d’une pubalgie. Mais ce dépannage ne dura pas longtemps, juste pour deux matches comptant pour la Coupe de France qui eurent lieu, par un étonnant hasard, à Grenoble puis Villard-de-Lans ses deux anciens clubs. «Ce n’est pas un grand souvenir car j’étais nul ! », s’exclame encore une fois Daniel Maric avec son habituelle autodérision et une propension à l’autoflagellation.

Lorsqu’il estima que sa formation était suffisante, le Grenoblois saisit une nouvelle opportunité en acceptant, en 1999, un poste d’entraîneur dans le club de Dijon où il avait noué des contacts, notamment avec un ancien joueur de Grenoble, le regretté Jean-François Pointet…

 

Ceci est un extrait. Si vous voulez connaître la fin de son histoire, procurez-vous le livre « Les stars du hockey français Tome 2 » qui est en vente dans la boutique du site internet de la FFHG (hockeyfrance.com).

Que sont-ils devenus ? Frank Fazilleau

Frank Fazilleau, l'Indiana Jones du hockey français

Le moins que l’on puisse dire, c’est que la carrière et la reconversion de cet ancien hockeyeur international a de quoi surprendre. Car notre ami « Faze » est un véritable personnage de roman aux multiples facettes. Frank Fazilleau prend encore aujourd’hui un malin plaisir à jouer l’électron libre en se retrouvant où on ne l’attendait pas.
Mais avant de parler de son actualité immédiate, un petit retour en arrière s’impose. Attachez bien la jugulaire de votre casque car son parcours personnel a été marqué de brusques soubresauts et de virages aussi soudains qu’inattendus.

Natif de la ville d’Anthony, au sud de Paris, Frank Fazilleau  débuta le hockey sur glace comme défenseur dans le club de Viry-Châtillon auquel il restera fidèle jusqu’à l’âge de 19 ans. Une fidélité assez remarquable lorsqu’on connaît la suite. Visiblement doué, il fut sélectionné pour la première fois en équipe de France senior en 1978 lors des Championnats du monde organisés à Las Palmas aux Îles Canaries. Ce sera le premier périple marquant pour le nouveau numéro 15 tricolore qui marqua d’entrée sa différence sur cette île espagnole. En effet, le contact passa mal entre le sympathique « Frankie », sorte de doux rêveur de la glace, et le coach tchèque Zdeneck Blaha, un entraîneur plutôt rigide, avec qui Frank Fazilleau connut des problèmes relationnels qu’il qualifia pudiquement « d’incompréhension ». Il est vrai que je garde à titre personnel un souvenir étonnant de ce joueur qui passa son temps à m’expliquer les différentes sortes de techniques de pêche à la mouche lorsque je lui rendis visite dans sa chambre d’hôtel pour l’interviewer…

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